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La Guerre des Cloud / Nintendo et Nvidia en couple. Fleur2SEL | 09_12_2017 |

News 1 : La guerre des Cloud

Le 29 novembre dernier, la toute jeune entreprise française Shadow, rendait disponible sa nouvelle offre de cloud computing.
Pour 30 euros par mois avec engagement, vous louez un ordinateur équipé d’une 1080, de 4 core de Xeon, de 12 go de Ram, de 256 Go de SSD, de Windows 10 et d’une connexion internet fibrée.
La dénomination Cloud computing, signifiant que le PC ainsi loué ne vous est pas livré chez vous. Mais que vous êtes alors constamment en mode bureau distant avec celui-ci, votre propre connexion internet étant alors amplement sollicité pour vous renvoyer au mieux l’image de ce puissant PC connecté lui, à la fibre.
Le Shadow, pour le dire grossièrement et à en croire leur site web, cible le joueur qui cherche à jouer, les options graphiques réglées au maximum, sur les derniers jeux du moment.
Quand on parle de l’avenir du jeu vidéo, on oppose souvent la console avec le cloud. Il y a ceux qui pensent que le gaming est amené à être hébergé dans le cloud et qu’il ne sera plus nécessaire à terme de vendre des consoles. C’était, souvenez-vous la thèse de Peter Moore, personnage connu pour avoir achevé la Dreamcast en interne avant de partir à la concurrence.
En 2016, il estimait que PS4 et Xbox One seraient les dernières consoles à physiquement trôner à côté de nos écrans de télévision.
Et puis, il y a ceux pour qui le futur du jeu vidéo passera encore par l’attachement au bel objet, une console que l’on possède et qui matérialise l’inclinaison pour une marque. L’indécent succès commercial actuel de la Snes MIni décrit cela parfaitement bien.

Mais vouloir opposer les deux ne doit pas nous distraire d’une opposition plus captivante, car plus frontale et plus actuelle : l’opposition cloud computing versus cloud gaming.

Soit vous louez un hardware distant. C’est le cloud computing, tel shadow et vous continuez à acheter vos jeux à l’unité sur des stores en ligne .
Soit vous louez une ludothèque au mois qui tourne à distance. C’est le cloud gaming, tel le Playstation Now. Le service que vous acheter est double, c’est l’accès à un panel entier de jeux, Et le fait qu’un serveur distant vous les fasse tourner correctement.

Le cloud computing, c’est donc du cloud gaming sans la bibliothèque de jeu. Pour un usage jeu vidéo, le cloud computing ressemble donc à du cloud gaming auquel il manquerait le catalogue de jeux livré avec. Ce qui semble être une faiblesse est en fait sa force. Cela lui permet de se positionner pour les joueurs fréquents. Explication.

À grande échelle, postulons que les deux services sont en concurrence directe en sortie de niche. Soit vous payez pour l’un, soit vous payez pour l’autre. Si le cloud gaming a pour lui l’accès à un large catalogue sans surcoût, rien n’indique que les éditeurs lâcheront fréquemment leur production récente. Car cela signifierait partager une part du gâteau au prorata du temps passé, une largesse qui n’est pas dans l’esprit actuel des triples A qui cherchent au contraire à optimiser à fond leur rentrée d’argent. Les faits sont que sur ce genre de service, les grosses productions proposées datent d’un certain âge.
On peut miser sur le fait que les gros éditeurs n’accepteront pas de faire partie de la ludothèque de cloudgaming d’un autre groupe privé, les premières années de vie de leurs titres.

Condamné à devoir se priver des productions nouvelles et branchées, des gros titres, mais aussi des triples I qui miserait sur une succès story par eux même, le cloud gaming se doit alors d’occuper une place de : service de découverte. Ouvrir un marché casual nouveau. Un coup de poker du niveau de la Wii. Ce que tente de faire Black Nut. Mais si le cloud gaming n’ouvre pas ce marché et cherche à parler uniquement au joueur fréquent, alors il se fera manger par le cloud computing.

Le cloud gaming c’est payer pour accéder à une opulence de titre, en se privant des grosses tendances du moment. Le gros des troupes, de ce qu’on appelle les joueurs fréquents veulent exactement l’inverse, à savoir, se concentrer sur une poignée de jeux, mais des jeux du moment.

News 2 : Nintendo et Nvidia en couple

En 2000, le gouvernement chinois de l’époque prohibait la vente de consoles. 14 ans plus tard, la Chine levait l’embargo. Dès 2014, Microsoft et Sony se sont précipités à la conquête de ce nouveau marché à 850 millions de consommateurs potentiel.
Mais avec difficulté, car si le marché gris s’est bien développé pendant ces années de prohibition, la population chinoise, dans sa grande majorité, n’a pas l’habitude des consoles. Si Nintendo entend bien investir à son tour le marché chinois, ce n’est pas en y lançant sa Switch dans l’arène. Il tente pour le moment, de familiariser le marché chinois à ces titres.
Mettant à profit son partenariat récent avec Nvidia, quelques titres du catalogue GameCube et Wii vont se voir porter sur la version chinoise du Nvidia Shield TV.
Une version du Nvidia Shield TV qui compte bien réussir sur ce territoire, et qui pour mieux s’intégrer au marché chinois, a abandonné certaines parties de l’environnement Google au profit de plateformes locales.
La Switch et la Shield TV intègre un processeur issu de la même série, le Tegra X1. Sur le papier alors, les portages Shield TV d’anciens jeux nintendo pourraient un jour profiter à la Switch.
Depuis que Nvidia fabrique le processeur de la Switch, lorsque Nintendo gagne, alors Nvidia gagne. Et depuis que Nvidia vend sa Shield TV avec des jeux nintendo dessus, lorsque Nvidia réussi en chine, alors Nintendo aussi.